Un Firewall (pare feu dans la littérature française) est un dispositif de sécurité placé à la jonction entre deux réseaux distincts, le réseau informatique interne à un établissement et le réseau extérieur, Internet en l’occurrence. Organe de sécurité destiné à protéger le réseau interne, sa tache principale est d’interdire les activités malveillantes en provenance de l’extérieur. La contrainte du firewall est d’être le plus transparent possible pour les activité à l’intérieur de l’entreprise et d’être à la fois le plus efficace possible en offrant un niveau maximum de sécurité. C’est essentiellement un outil de filtrage destiné au contrôle de la circulation des paquets, et qui doit assurer le blocage de toutes les données qui ne doivent pas passer d’un côté à l’autre. Il va généralement interdire toutes les « entrées » de données qui ne répondraient pas à une requête préalable de l’un des postes du réseau local. Comment dès lors, répondre à une demande d’initialisation pour une session de visioconférence lorsqu’elle est sollicitée depuis l’extérieur ?

Un firewall va également assurer la surveillance des « ports » qui sont utilisés. Sur un micro-ordinateur, chaque application logicielle se voit attribuer un port (le port est en quelque sorte « l’adresse » d’une application). Lors d’une connexion « classique » à Internet la majorité des ports sont fermés sur le firewall, seuls les quelques uns qui correspondent aux applications directement concernés sont ouverts. Dans le cadre de la visioconférence, de nombreuses connexions doivent être simultanément maintenues entre les terminaux, et de nombreux ports doivent y êtres ouverts, certains aléatoirement (c’est à dire sans que l’on puisse prévoir préalablement leur numéro). Cette notion de ports dynamiques ne facilite pas la configuration des firewall : pas question de laisser tous les ports entre 1024 et 65535 ouverts ! Sauf mise en place de dispositifs particuliers, l’ouverture de tous ces ports sont autant de failles dans la sécurité globale d’un réseau local. A l’inverse, du fait des dispositifs de protection adoptés par les administrateurs de réseau, la mise en place de séances de visioconférence peut se révéler difficile, parfois même impossible.
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Pour en savoir
plus : Sur un micro-ordinateur, chaque application logicielle se voit attribuer un port (le port est en quelque sorte « l’adresse » de l’application). Pour des données en provenance de l’extérieur, le numéro de port indique à quelle application sont destinées les données. Les ports sont codés sur 16 bits, 65535 ports sont théoriquement disponibles, pratiquement moins, car 1024 sont réservés. Lors d’une connexion « classique » sur Internet la majorité des ports sont fermés, seuls les quelques uns qui correspondent aux applications directement concernés sont ouverts pour permettre les échanges de données (port 80 pour HTTP, ports 25 et 110, respectivement pour les échanges SMTP et POP3 de la messagerie...). Bloquer l’utilisation d’un port, c’est interdire le transit des données correspondant à certaines applications. Dans le cadre de la visioconférence, certains de ces ports sont spécifiés d’une manière définitive (ports statiques) par la norme H263, par exemple, port 1720 pour l’appel initial, port 1719 en cas d’utilisation d’un gatekeeper, port 1503 pour le partage d’applications via la norme T120... D’autres (ports dynamiques) sont attribués aléatoirement au moment de l’établissement de l’appel (ports compris entre 1024 et 65535). Ce sont par exemple ceux utilisés pour le transfert des données vidéo et audio (flux RTP et RTCP). Suivant le type de données, les transferts pourront s’effectuer en utilisant les protocoles TCP ou UDP. Quelques exemples des ports utilisés pour une visioconférence :
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Différentes solutions techniques ont été développées pour contourner ces obstacles et permettre un fonctionnement correct des protocoles H323 à travers les firewalls :
C’est sans doute la meilleure solution, et celle qui offre la meilleure sécurité. Beaucoup des firewalls récents intègrent désormais H323 (sous l’appellation Application Level Gateways ou ALG dans certains textes). Ces équipements ont la faculté de scruter les communications qui sont établies en amorce à une visioconférence afin de détecter les numéros de ports qui seront effectivement utilisés. Ils pourront alors autoriser l’ouverture de ces ports spécifiques et permettre le trafic entre appelé et appelant pendant une durée qui restera limitée à celle de la session. Ces ports sont refermés ensuite. On utilise parfois le terme de « pinholing » pour désigner cette méthode qui consiste à n’ouvrir que les quelques ports nécessaires (des « trous d’épingle ») dans le firewall. Certains modèles intègrent également la fonction NAT. Lors de la translation d’adresses, ils sont capables, non seulement de remplacer une adresse privée par une adresse publique dans l’entête des paquets, mais également de réaliser cette opération dans le corps même de la charge utile, permettant de ce fait le fonctionnement correct de toute session de visioconférence.
Un proxy est une passerelle spécialisée qui va permettre à des flux H323 de contourner dans certaines conditions les firewalls, sans affaiblir les conditions de sécurité. Il va agir comme un intermédiaire. C’est lui qui va assurer la gestion de tous le trafic H323 en lieu et place des terminaux de visioconférences qui seront ainsi totalement isolés d’Internet (ils seront invisibles de l’extérieur, y compris pont et passerelle). Lors de l’établissement d’une liaison, ce n’est plus un appel qui sera généré mais deux. Le premier sera initié par l’équipement de visioconférence situé à l’intérieur du réseau local en direction du proxy qui à son tour en générera un second sur le réseau public (et en utilisant sa propre adresse) en direction de l’équipement distant. Seul le proxy peut inter-agir avec l’extérieur. Le Firewall devra être correctement configuré pour pouvoir fonctionner lui. Ce mode de fonctionnement impose l’utilisation d’un gatekeeper (voir chapitre suivant). Différentes configurations sont possibles pour le proxy : il pourra être intégré au gatekeeper ou au firewall.

Une DMZ est une zone particulière du réseau informatique d’un établissement ou d’une entreprise. C’est une zone séparée qui ne va héberger que les équipements qui doivent être accessibles depuis l’extérieur, non seulement les serveurs (serveurs Web, serveurs FTP, serveurs Email....) mais également éventuellement des dispositifs de visioconférence. Elle est située, sur le plan des risques, entre le réseau local privé (qui doit être totalement protégé) et Internet (qui est une zone à très fort risque). La DMZ doit être également accessible depuis le réseau privé. Les adresses pourront y être privées ou ce qui est beaucoup mieux, publiques pour permettre des accès sans translation d’adresse. Les règles de communications entre les trois entités - le réseau local, la DMZ et Internet - seront différentes et gérées par un FireWall.