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La visioconférence sur IP

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Philippe Gasser

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Visioconférence : les technologies d’aujourd’hui

mardi 4 janvier 2005

Deux familles de normes : H320 pour RNIS et H323 pour IP

Des normes et des formats

Pour ces deux méthodes de transmission, des normes spécifiques ont été établies afin de garantir l’interopérabilité de tous les matériels de visioconférence. Elaborée au début des années 90, la norme H320 a été prévue pour les réseaux à commutation de circuits et s’applique donc aux communications sur les lignes RNIS. La norme H323 concerne les réseaux à commutation de paquets, c’est à dire notamment aux réseaux IP. Elles ont été développées par l’ITU (International Telecommunication Union).

Les deux normes H320 et H323 sont des normes « conteneurs » et correspondent en fait à un assemblage de normes spécifiques pour tous les domaines concernés. Ces dernières peuvent être identiques pour H320 et H323 ou bien différentes. Elles concernent l’établissement et la gestion des communications, le contrôle et la signalisation (H225, Q931 pour l’initialisation des appels, H245 pour la négociation des canaux des médias...), le traitement de la vidéo et de l’audio, le partage d’applications (T120), le contrôle des caméras distantes (H281 en mode RNIS, H282 et H283 en mode IP...) ou le fonctionnement en multipoint (H243). Ces normes garantissent le bon fonctionnement des différentes phases d’une visioconférence et l’interopérabilité entre des matériels d’origines différentes.

Pour la transmission des données sur un réseau IP, la norme H323 s’appuie par ailleurs sur les protocoles de transport (TCP, UDP, RTP...) édictés par l’IETF (Internet Engineering Task Force) et évoqués dans le chapitre précédent.

Transmettre la vidéo et l’audio

Compresser une séquence vidéo, c’est diminuer la quantité d’informations la caractérisant.

C’est donc réduire
- la dimension des images,
- leur fréquence d’affichage (avec pour corollaire une diminution de la fluidité !)

mais c’est aussi exploiter
- les redondances spatiales (par exemple, les plages uniformes à l’intérieur de chacune des images),
- les redondances temporelles (dans une séquence vidéo, les différences entre deux images successives sont minimes),
- les redondances subjectives (il est inutile de coder les détails fins que l’œil ne voit pas).

Les images vidéo exigent des débits importants comparativement aux autres médias. Des technologies spécifiques ont été développées afin de diminuer la quantité d’informations devant être transmise et par la même diminuer le débit nécessaire et le rendre compatible avec les capacités des lignes de transmission utilisées (RNIS ou IP) [2] .

Cette réduction s’accompagne inévitablement d’une altération de la qualité des images et de leur fréquence de défilement. On appelle CODEC l’entité chargée de la COmpression des données audio ou vidéo dans un sens (à la prise de vue) et de leur DECompression dans le sens contraire (pour en permettre l’affichage). Plus le débit est élevé et meilleure sera la qualité de la restitution, l’idéal étant d’obtenir la meilleure qualité possible pour un débit qui reste le plus faible (c’est à dire un taux de compression le plus élevé possible).

[2] Quelques chiffres pour fixer les esprits : une séquence vidéo numérique non compressée de qualité studio de télévision exige un débit de 166 Mb/s. La diffusion d’un programme télévisé dans le cadre d’un bouquet numérique satellitaire (TPS, Canal Sat) ou par un réseau câblé urbain s’effectue avec des débits de 4 à 6 Mb/s. Pour les matériels de visioconférence, les débits proposés sur les équipements sont au maximum de 1 à 2 Mb/s, mais restent le plus souvent limités à quelques centaines de Kb/s.