Une session de visioconférence ne se résume pas uniquement à des échanges oraux entre des intervenants distants, mais s’accompagne souvent de la diffusion et de la présentation de documents annexes. Proposés par l’un ou l’autre des participants, ces médias doivent pouvoir être diffusés en direction de l’ensemble des sites. Ils peuvent être de différentes natures (images fixes, photographies, séquences vidéo, fichiers informatiques, ou plus simplement, notes et schémas réalisées « en direct » sur un tableau blanc...) et proposer des degrés d’interactivité variables. Ces présentations peuvent être mises en oeuvre de différentes façons.
C’est la possibilité la plus simple, puisqu’il ne s’agit que de présenter un document, sans aucune interactivité possible. Pour la projection des documents vidéo, les dispositifs de visioconférence sont généralement munis d’entrées composites ou S-Video permettant la connexion d’équipements de lecture, magnétoscopes VHS par exemple. Ces entrées peuvent être également utilisées pour le raccordement d’un banc titre. Constitué d’une caméra vidéo fixée verticalement sur un piétement, cet équipement permet de présenter des petits objets ou des documents « papiers ».
Des entrées analogiques dans des formats « informatiques » courants sont également proposés pour le raccordement des micro-ordinateurs. Il ne s’agit pas ici de vouloir réaliser un travail collaboratif et interactif avec les partenaires distants mais seulement de diffuser l’image écran d’un contenu informatique via une liaison de type XGA entre l’ordinateur et le dispositif de visioconférence. C’est une solution simple qui ne nécessite qu’un seul ordinateur, et qui n’implique pas la mise en place de logiciels spécialisés.
Des dispositifs particuliers ont été développés par les industriels pour permettre la diffusion simultanée de deux sources vidéo ou d’une source vidéo et d’un flux XGA. Une nouvelle norme H239 a été développée pour faire suite aux solutions propriétaires qui avaient été déployées (« Duo Video » pour Tandberg, « People and Content » pour Polycom). Elle est apparue au début de l’année 2004 et a été implémentée sur les premiers produits six mois plus tard. Les participants distants peuvent visualiser les deux images, soit sur un seul écran (l’une des images est en incrustation), soit sur deux écrans distincts. Pour une image informatique (diffusée via l’entrée XGA), la qualité de la restitution dépendra du type d’affichage utilisé sur le site distant. Avec un téléviseur ou un moniteur vidéo, elle pourra souffrir du transcodage (XGA vers H261 /H263) et sera affichée dans le format CIF (352 x 288) alors qu’avec un moniteur informatique elle conservera sa définition et sa qualité d’origine (matériels Aethra notamment).
Certains matériels disposent d’une fonction « PowerPoint intégrée » permettant la diffusion et la gestion d’une présentation dans ce format sans avoir recours à un micro-ordinateur extérieur. Le document est stocké en local (après transfert sous IP à partir d’un poste informatique relié au réseau, c’est le cas par exemple avec les matériels Aethra) ou sur des périphériques de stockage de type Memory Stick ou similaires (Sony). Pour en faciliter l’exploitation, l’équipement de visioconférence intègre alors toutes les fonctionnalités spécifiques nécessaires à l’exploitation d’un document de ce genre : affichage en local et en mode vignette de l’intégralité de la présentation, modification de l’ordre des diapositives, suppression... L’affichage (tout comme celui de toute image fixe, photographie ou texte) est réalisé par référence à l’annexe D de la norme H 261 qui avec une résolution de 576 lignes x 704 points permet une restitution de meilleure qualité que celle qui peut être offerte par le format CIF. Sur les sites distants, les diapositives seront présentées en plein écran (avec en incrustation l’image vidéo de l’interlocuteur) ou diffusées sur un deuxième écran.
Les dispositifs de visioconférence individuels installés sur micro-ordinateurs disposent d’un atout supplémentaire par rapport à leurs homologues de type « console » : ils intègrent par construction un élément de stockage de grande contenance (le disque dur !). Tous les documents qui y sont enregistrés peuvent être spontanément et sans doute beaucoup plus facilement diffusés vers l’ensemble des correspondants distants. C’est le cas par exemple pour le logiciel eConf développé par France Telecom R&D et de sa fonction « Drag and Stream Multimedia ». Il permet la diffusion facile de tout fichier vidéo (format mpeg, avi, mov, qt...) ou audio (wav, mp3..) avec de surcroît la possibilité d’assurer simultanément un commentaire vocal ou écrit.
Sur Internet, la diffusion en temps réel d’une séquence vidéo (ou streaming) peut être réalisée suivant deux méthodes. La diffusion unicast correspond au concept de la vidéo à la demande : à chaque requête d’un utilisateur correspond un flux vidéo qui est délivré par le serveur. Il y aura donc sur le réseau autant de flux que de demandes. A la manière d’un magnétoscope, toutes les formes d’interactivité sont possibles. Le multicast s’apparente plus à la diffusion télévisuelle classique telle que nous la connaissons par ailleurs (hertzienne, par satellite...). La diffusion est réalisée à un instant donné, le même pour tous, sans aucune interactivité possible. Pour visualiser la séquence, il suffit de se connecter au moment ad hoc à une adresse IP spécifique. Ce procédé permet d’optimiser la bande passante du réseau, puisque le serveur ne génère qu’un seul flux. Ce flux sera ensuite dupliqué si nécessaire au niveau de chacun des nœuds du réseau s’il se trouve en amont un récepteur valide.